Il nous revient – nous n’en revenons pas ! – que des gamins seraient contraints de manger leurs tartines de midi à même le sol de la cantine de l'école, leurs parents ayant omis de s’acquitter du paiement du droit de laisser-poser son cul sur un siège subventionné.
Après les chaises rembourrées réservées aux notables dans les églises d’antan, les places dédicacées aux blancs sous certains régimes et les bancs anti-SDF dans nos villes, alors que l’on croyait avoir progressé sur le chemin de l’égalité du droit à s’asseoir pour tous depuis que dans certaines commissions il est même devenu désormais possible d’être rémunéré sans siéger, voilà que le privilège de déposer son pèpèt’ fait aujourd’hui un pas en arrière, puisqu'il intègre à présent la grande famille des matières marchandisables.
Heureusement, tout n’est pas noir pour autant. Ainsi, on apprend de source sûre qu'un décret est en préparation, interdisant aux élèves sur siège de jeter leurs restes aux pauvres condisciples assis par terre, sous peine de privation de dessert. Ceci afin d'éviter d'humilier inutilement leurs camarades moins chanceux.
Quant aux chaisards, il seront dispensés de la taxe, en vertu d'un souci d'égalité des chances, mais devront apposer un disque de stationnement limitant leur occupation de l'espace à une demi heure.
Par ailleurs, dans la même école, la direction vient d’autoriser les élèves à remplir deux fois par jour leur gobelet au robinet de la cour de récréation, à condition que le récipient soit fourni par l’écolier et que celui-ci consomme le précieux liquide sur place, sans le ramener à la maison. Il est même possible que le gamin bénéficie d'une ration d'eau supplémentaire s'il n'a pas fait usage de ses trois bons quotidiens qui lui donnent accès aux toilettes (un bon pour faire pipi, deux bons pour faire sa grande). Logique.
Donc, voilà,
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