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Donc voilà

Un peu de tout, sur tout ou rien, selon l'humeur du jour.

TOUT ÇA POUR ÇA

Publié le 22 Août 2015 par Jean Dufour

Il arrive souvent, et parfois même très souvent, que l'on commence une phrase, écrite ou parlée, et qu'au gré de son expression, distrait par maints détails ou par des préoccupations plus importantes, telles que celle de savoir si l'utilisation du mot "maints" (ne pas confondre avec mains, sans "T" bien que ce soit souvent avec la main que l'on fasse "santé") dans ce texte est bien à propos ou si elle relève d'un maniérisme exagéré ou d'une volonté d'étaler sa culture là où un vocable plus accessible tel que  "beaucoup de" ou "plusieurs" serait mieux compris par le commun des mortels, précision par ailleurs gratuite puisque seuls les mortels sont susceptibles d'entendre ou de lire ce discours, et qu'il n'est donc point utile de le préciser à moins qu'à nouveau l'objectif de l'auteur ne soit de satisfaire un besoin de reconnaissance de sa science linguistique auquel cas il ne se servirait du lecteur ou de l'auditeur que comme un objet d'assouvissement de son besoin d'affirmation de soi qu'il pourrait plus aisément développer par d'autres moyens tels que la lutte gréco-romaine, une thérapie de groupe ou encore la participation à une émission de téléréalité où il s'agit de s'exposer (et non de "sexe poser", tel le moine au soir de la prononciation de ses vœux de chasteté) au vu et au su de tous et d'en ressortir la tête haute en cas de victoire et les épaules basses en cas de plus probable défaite, car enfin, comment peut-on croire que le talent se mesure au nombre de votes téléphoniques dont l'utilité inavouée et à moitié impardonnée, est de générer un afflux d'appels payants destinés à faire grimper dans les bourses les actions des sociétés qui produisent ce type de programmes que personne ne regarde mais que tout le monde regarde selon que l'on se réfère aux commentaires entendus à l'arrêt du bus, ou du tram, ou du métro, d'ailleurs on s'en fout, cela n'a aucune importance, ou que l'on observe les taux réels d'écoute, encore que c'est pas parce que sa télévision est allumée que l'on regarde ou que l'on écoute, ou que les deux, d'ailleurs en ce moment, pendant que s'écrivent ces lignes, le téléviseur est allumé, et l'on y voit l'image fixe d'un présentateur d'une chaîne de radio, acteur d'un genre nouveau, la radio filmée qui, si elle n'existait pas déjà s'appellerait de la télévision, alors que la radio avait l'avantage de vous faire entendre des voix et de vous faire deviner la physionomie de leur porte-voix, laissant libre cours à tous les fantasmes, tandis que maintenant que vous voyez les présentateurs radio à la TV, le charme est rompu et on se demande d'ailleurs à quoi ça sert si ce n'est du remplissage, et un jour on fera l'inverse on passera les émissions de télévision et les films à la radio et on pourra imaginer tout ce qu'on veut, mais c'est quand même un détournement d'invention, c'est un peu comme si on utilisait son téléphone pour faire des photos alors que vous pouvez toujours essayer de téléphoner avec votre réflex, ça n'a aucun sens, laissons les choses à leur place comme disait mon beau-frère en enfilant son caleçon, cet article vestimentaire tant décrié (le caleçon, pas mon beau-frère ... quoi que) alors qu'il contient le mot "leçon", symbole d'apprentissage s'il en est, et qui nous invite à découvrir l'origine de ce mot né dans les cours de récréation ou l'enfant devait parfois choisir entre aller faire caca ou suivre la leçon, situation dilemmique (ça existe si je veux !) qui incita l'inventeur du petit bout de tissu miracle à conjoindre les deux termes de "ca" et de "leçon" pour nommer sa salutaire découverte, qui devint plus tard le "slip" que les canadiens appellent "bobette", ce qui devait donner naissance à ces adorables héros de "zob et bobette", et donc qu'on ne sache plus à la fin ce qu'on voulait dire au début. Et ça c'est fréquent.
Donc, voilà.

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